# Comment détecter un numéro de téléphone faux lors d’un appel entrant ?

Les arnaques téléphoniques connaissent une croissance exponentielle en France, avec plus de 18 000 signalements d’usurpation d’identité recensés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » en 2025. Face à cette menace grandissante, savoir identifier un numéro de téléphone falsifié devient une compétence essentielle pour protéger vos données personnelles et votre sécurité financière. Les escrocs utilisent des technologies de plus en plus sophistiquées pour masquer leur véritable identité, rendant la détection des appels frauduleux particulièrement complexe. Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles mesures réglementaires ont été mises en place pour lutter contre le spoofing téléphonique, mais la vigilance individuelle reste votre première ligne de défense. Cette problématique touche tous les utilisateurs de téléphonie, qu’ils disposent d’un numéro fixe ou mobile, et nécessite une compréhension approfondie des mécanismes techniques et comportementaux qui caractérisent les appels frauduleux.

Analyse des indicateurs techniques d’un appel suspect : caller ID spoofing et anomalies de signalisation

La détection d’un numéro falsifié commence par l’identification des anomalies techniques présentes dans la signalisation de l’appel. Le caller ID spoofing représente la technique la plus couramment utilisée par les fraudeurs pour masquer leur identité réelle. Cette pratique consiste à manipuler les informations transmises lors de l’établissement d’une connexion téléphonique, permettant ainsi d’afficher un numéro différent de celui réellement utilisé pour passer l’appel. Les escrocs exploitent des logiciels spécialisés qui interfèrent avec les protocoles de communication pour modifier l’identifiant de l’appelant. Lorsque vous recevez un appel, votre téléphone affiche les informations transmises par le réseau de l’opérateur, qui peuvent avoir été altérées en amont.

Détection du spoofing d’identifiant via les protocoles SIP et SS7

Les protocoles SIP (Session Initiation Protocol) et SS7 (Signaling System 7) constituent l’infrastructure fondamentale des communications téléphoniques modernes. Ces systèmes, initialement conçus pour assurer l’interopérabilité entre différents réseaux, présentent malheureusement des vulnérabilités exploitées par les cybercriminels. Le protocole SIP, largement utilisé pour la téléphonie sur IP (VoIP), permet aux utilisateurs malveillants de modifier facilement l’en-tête From qui contient l’identifiant de l’appelant. Les failles du protocole SS7, quant à elles, permettent d’intercepter et de manipuler les communications entre opérateurs, facilitant ainsi l’usurpation d’identité à grande échelle.

Pour détecter ces manipulations, vous pouvez observer certains signes révélateurs. Un décalage temporel inhabituel entre la sonnerie et l’établissement de la communication peut indiquer un routage anormal de l’appel. De même, une qualité audio dégradée ou des interruptions fréquentes suggèrent souvent que l’appel transite par des serveurs VoIP non sécurisés utilisés pour masquer l’origine réelle. Les appels affichant « numéro masqué » depuis le 1er janvier 2026 constituent un indicateur important : cette mention apparaît désormais systématiquement pour les appels émis depuis l’étranger avec un numéro mobile français non authentifié.

Vérification de la

Vérification de la cohérence géographique entre l’indicatif régional et la provenance réelle

Un premier réflexe pour repérer un numéro de téléphone faux consiste à analyser la cohérence entre l’indicatif affiché et le contexte de l’appel. En France, les numéros fixes commencent par 01, 02, 03, 04 ou 05, chacun correspondant à une zone géographique précise, tandis que les mobiles débutent par 06 ou 07. Si vous recevez un appel prétendument « local » ou émanant d’une administration proche, mais avec un indicatif régional sans rapport avec votre localisation ou celle de l’organisme, il s’agit d’un premier signal d’alerte. Les escrocs jouent souvent sur cette incohérence, en espérant que vous ne prêtiez pas attention aux premiers chiffres du numéro.

Avec l’essor de la téléphonie IP et du roaming, de nombreux appels légitimes transitent par l’international tout en affichant un numéro français. Cependant, depuis 2026, lorsqu’un appel est émis depuis l’étranger avec un numéro mobile français non authentifié, votre opérateur doit afficher « numéro masqué ». Si vous voyez tout de même un numéro français complet avec un préfixe international suspect (par exemple +44 ou +352 suivi d’un bloc qui imite un 06 ou un 07 français), il y a de fortes chances que le numéro soit usurpé. En cas de doute, ne rappelez jamais directement : recherchez d’abord le numéro sur Internet ou passez par le site officiel de l’organisme qui dit vous contacter.

Identification des numéros VOIP masqués et services comme skype ou google voice

Les numéros de téléphonie sur IP (VoIP) – par exemple ceux utilisés par Skype, Google Voice ou certains centres d’appels délocalisés – sont fréquemment employés pour le caller ID spoofing. Ces services permettent de choisir ou de faire apparaître un numéro différent du numéro réel attribué au compte, parfois sans contrôle strict de l’identité de l’utilisateur. Résultat : un escroc peut appeler depuis n’importe quel pays en se faisant passer pour un simple portable français, voire pour votre propre numéro. Pour l’utilisateur, la frontière entre un appel VoIP légitime et un appel frauduleux devient alors floue.

Comment reconnaître un numéro VoIP potentiellement masqué ? Plusieurs indices peuvent vous mettre sur la voie : un léger écho dans la conversation, un temps de latence entre vos phrases et les réponses, ou encore une qualité audio très variable, comme si l’appel passait par une connexion Internet instable. Les numéros associés à des services VoIP professionnels sont souvent référencés sur le web (site d’entreprise, mentions légales, profil LinkedIn, etc.). À l’inverse, un numéro introuvable, utilisé à des horaires atypiques et qui ne laisse jamais de message vocal doit éveiller vos soupçons. Là encore, la bonne pratique consiste à raccrocher, vérifier le numéro via une recherche inversée, puis contacter l’entité par ses canaux officiels si nécessaire.

Reconnaissance des préfixes internationaux falsifiés et numéros premium surtaxés

Une autre méthode courante pour exploiter un faux numéro de téléphone lors d’un appel entrant repose sur les préfixes internationaux et les numéros surtaxés. Les escrocs imitent parfois un numéro français en remplaçant le « 0 » initial par un indicatif pays étranger (+33, +44, +352, etc.), dans le but de vous inciter à rappeler. C’est le principe des arnaques au ping call : vous recevez un appel très bref, souvent en soirée ou le week-end, et si vous rappelez, vous êtes redirigé vers un numéro fortement surtaxé. Dans certains scénarios, l’escroc n’a même pas besoin de vous parler pour gagner de l’argent, votre simple rappel suffit.

Pour réduire ce risque, prenez l’habitude d’examiner systématiquement les premiers caractères du numéro : un préfixe +44 7xxx (Royaume-Uni) ou tout indicatif exotique suivi d’une suite de chiffres semblable à un portable français doit immédiatement vous alerter. En France, les numéros de démarchage commercial sont généralement cantonnés à certaines tranches (par exemple 01 62, 01 63, 02 70, 04 24, 09 47, 09 48, 09 49, etc.) définies par l’ARCEP. Un numéro commençant par 08, 0899 ou certains 118 est souvent surtaxé : ne les rappelez jamais à froid après un simple appel manqué. En cas de doute, consultez la documentation de votre opérateur ou le Plan National de Numérotation pour vérifier si la tranche est associée à un service payant.

Utilisation d’applications de vérification en temps réel : truecaller, whoscall et hiya

Face à la sophistication croissante des arnaques téléphoniques, s’appuyer uniquement sur son intuition ne suffit plus. Les applications de vérification de numéros en temps réel, comme Truecaller, Whoscall ou Hiya, vous aident à identifier un numéro suspect au moment même où l’appel arrive. Leur principe est simple : elles combinent des bases de données collaboratives, des informations d’opérateurs et des algorithmes de détection de spam pour attribuer un niveau de risque à chaque appel entrant. Vous voyez alors s’afficher « probable spam », « démarchage commercial » ou « escroquerie potentielle », ce qui vous permet de décider rapidement si vous décrochez ou non.

Ces solutions ne sont pas infaillibles, mais elles constituent une couche de protection supplémentaire très efficace, notamment contre les numéros inconnus ou les appels fréquents depuis l’étranger. Elles peuvent également bloquer automatiquement certains appels avant même que votre téléphone ne sonne, en fonction des réglages que vous choisissez. En pratique, utiliser ce type d’outil revient à installer un filtre antispam sur votre boîte mail : vous ne verrez plus passer la majorité des tentatives manifestes d’arnaque téléphonique, et vous garderez le contrôle sur les appels réellement importants.

Configuration des bases de données crowdsourcées pour identifier les numéros signalés

Les bases de données collaboratives – ou crowdsourcées – constituent le cœur des applications comme Truecaller, Whoscall et Hiya. Chaque fois qu’un utilisateur signale un numéro comme spam, démarchage agressif ou tentative de fraude, cette information est agrégée, puis utilisée pour informer et protéger le reste de la communauté. Plus il y a d’utilisateurs, plus le système devient pertinent, un peu comme un antivirus qui s’améliore à chaque nouvelle menace détectée. Vous bénéficiez ainsi de l’expérience collective de millions d’autres abonnés, sans avoir à multiplier vous-même les mauvaises surprises.

Pour tirer le maximum de ces outils, il est important de les configurer correctement. Vous pouvez généralement choisir le niveau de filtrage (blocage seulement des « spams confirmés » ou aussi des « spams suspects »), autoriser ou non l’accès à votre carnet d’adresses, et décider du type de notifications affichées. En contribuant vous-même – en signalant les numéros frauduleux que vous recevez – vous aidez à rendre la base plus fiable pour tous. Vous hésitez à partager vos données ? Lisez attentivement la politique de confidentialité de chaque application et limitez les permissions au strict nécessaire.

Activation des filtres anti-spam natifs sur iOS et android

Sans même installer d’application tierce, vous disposez déjà sur iOS et Android de filtres anti-spam et de fonctions de blocage avancées. Sur iPhone, la fonctionnalité « Silence des appelants inconnus » permet d’envoyer directement vers la messagerie les numéros qui ne figurent pas dans vos contacts, vos messages récents ou vos suggestions Siri. Sur Android, la plupart des téléphones récents intègrent un filtre « Appel suspect » ou « ID appelant et spam », souvent alimenté par Google ou par l’opérateur. Ces systèmes s’appuient sur des signaux réseaux, des listes noires et des statistiques d’appels pour marquer les numéros potentiellement dangereux.

Pour renforcer la détection automatique des numéros de téléphone faux, vous pouvez combiner ces filtres natifs avec une application spécialisée, tout en ajustant le niveau de protection. Par exemple, vous pouvez bloquer uniquement les appels identifiés comme « spam évident » et vous contenter d’un avertissement pour les cas douteux. N’oubliez pas de consulter régulièrement la liste des numéros bloqués : si un appel légitime a été filtré par erreur, vous pourrez débloquer le numéro et l’ajouter à vos contacts. En procédant ainsi, vous construisez progressivement une barrière personnalisée contre le vishing et les appels indésirables.

Intégration des API de validation téléphonique twilio lookup et numverify

Pour les professionnels et les entreprises, la détection des numéros de téléphone faux ne se joue pas uniquement au moment de l’appel entrant. Il est possible d’intégrer en amont des services de validation, via des API comme Twilio Lookup, Numverify ou des offres similaires. Ces API permettent de vérifier si un numéro respecte le format E.164, s’il est bien attribué, de quel pays et de quel type de ligne il relève (mobile, fixe, VoIP, numéro spécial, etc.). Certaines solutions fournissent même des informations sur l’opérateur d’origine ou sur le statut du numéro (actif, inactif, provisoire).

Concrètement, une entreprise peut brancher ces services sur ses formulaires en ligne ou ses systèmes de gestion de la relation client (CRM) pour filtrer les faux numéros avant même qu’un conseiller ne rappelle. Cela réduit les risques de fraudes, d’erreurs de saisie ou de tentatives d’usurpation d’identité. Vous gérez un site d’e-commerce ou une plateforme financière ? Ajouter une validation téléphonique sérieuse à vos parcours utilisateurs revient à contrôler la carte d’identité d’un visiteur avant de lui ouvrir la porte : cela ne supprime pas tous les risques, mais cela décourage une grande partie des attaques opportunistes.

Reconnaissance des patterns comportementaux des appels frauduleux : robocalls et vishing

Au-delà des aspects purement techniques, les appels frauduleux suivent souvent des schémas comportementaux répétitifs. Les robocalls (appels automatisés) et le vishing (phishing par téléphone) reposent sur des scénarios minutieusement rodés, conçus pour vous faire agir dans la précipitation. Même lorsque le numéro affiché semble crédible, le contenu de l’appel, la structure du discours et l’attitude de l’interlocuteur trahissent souvent une tentative d’arnaque. Apprendre à repérer ces patterns, c’est un peu comme savoir reconnaître une arnaque par e-mail : passé un certain entraînement, les signaux faibles deviennent évidents.

Les fraudeurs exploitent généralement les mêmes ressorts psychologiques : l’urgence, la peur (suspension de compte, impayé, plainte déposée), la récompense (gain exceptionnel, remboursement inattendu) ou la curiosité. Ils cherchent à obtenir rapidement des informations sensibles (code SMS, identifiants bancaires, mots de passe) ou à vous pousser à effectuer un virement immédiat. Chaque fois que vous ressentez une pression anormale au téléphone, dites-vous qu’un numéro de téléphone apparemment légitime ne garantit en rien l’authenticité de l’appel.

Détection des délais de connexion caractéristiques des autodialers et systèmes IVR

Un signe typique des robocalls et des autodialers est le délai entre votre « Allô ? » et la prise de parole de l’interlocuteur. Si vous entendez un léger blanc de une à trois secondes avant que la personne ou la voix enregistrée ne se déclenche, il est probable que l’appel provienne d’un système automatisé qui connecte un agent disponible dès que vous répondez. Vous pouvez également entendre un bruit de fond de centre d’appels (plusieurs voix, cliquetis de clavier) alors que vous n’êtes pas en relation avec une grande entreprise que vous connaissez. Ces détails, anodins en apparence, constituent d’excellents indicateurs d’un appel à risque.

Dans le cas des systèmes IVR (répondeurs interactifs), vous pouvez être accueilli par un message automatisé vous demandant d’appuyer sur une touche pour parler à un conseiller ou confirmer une opération. Méfiez-vous tout particulièrement des messages menaçants ou très génériques, qui ne mentionnent pas clairement votre nom, votre banque ou votre fournisseur habituel. Un organisme sérieux ne vous demandera jamais de composer un code ou de valider une transaction sensible via un simple appel entrant non sollicité. Si vous avez un doute, raccrochez, puis appelez vous-même le numéro officiel présent sur votre carte bancaire, votre facture ou le site de l’institution.

Identification des scripts de phishing téléphonique et techniques d’ingénierie sociale

Les arnaques de type vishing reposent sur de véritables scripts, comme au théâtre. L’arnaqueur suit un scénario précis visant à créer un climat de confiance, puis à introduire progressivement une demande illégitime. Par exemple, il peut commencer par des questions banales (votre date de naissance, votre adresse) en prétendant « vérifier votre identité », avant de glisser vers des informations critiques comme vos codes d’accès ou les numéros de votre carte bancaire. L’objectif est de vous faire oublier qu’il s’agit d’un appel entrant non sollicité, en se présentant comme un « conseiller sécurité » ou un « technicien support ».

Certaines techniques d’ingénierie sociale sont récurrentes : se présenter au nom d’une grande marque (banque, opérateur, plateforme de livraison), citer des éléments publics de votre profil (nom, ville, banque probable) ou utiliser un ton autoritaire pour vous empêcher de réfléchir. Un indice simple ? Un interlocuteur légitime accepte toujours que vous coupiez court à la conversation pour rappeler via un canal officiel. Si la personne insiste, vous presse, ou se fâche lorsque vous proposez de rappeler plus tard, c’est un très mauvais signe, même si le numéro affiché semble parfaitement authentique.

Analyse vocale des voix synthétisées par intelligence artificielle et deepfakes audio

Avec les progrès rapides de l’intelligence artificielle, les escrocs expérimentent désormais les deepfakes audio : des voix synthétisées capables d’imiter très fidèlement une personne réelle (un proche, un dirigeant d’entreprise, un conseiller de banque). Ces technologies, autrefois réservées aux laboratoires, sont devenues accessibles au grand public, ce qui ouvre la voie à de nouvelles formes d’arnaques téléphoniques. Comment détecter qu’une voix, pourtant familière, cache en réalité un faux numéro de téléphone et un escroc derrière un synthétiseur vocal ?

Plusieurs pistes peuvent vous aider. D’abord, prêtez attention au rythme et à la fluidité : les voix synthétiques ont souvent un débit très régulier, sans hésitations, sans petits tics de langage, ni respiration audible. Ensuite, écoutez la façon dont la voix réagit aux imprévus : si vous posez une question inattendue ou si vous coupez la parole, la réponse peut sembler décalée, avec un léger retard ou une intonation étrange. Enfin, gardez en tête une règle d’or : pour toute demande sensible (transfert d’argent, envoi de documents, code de validation), validez systématiquement l’instruction par un second canal (SMS direct connu, e-mail officiel, appel sortant vers le numéro habituel de la personne ou de l’entreprise). Ce double contrôle reste votre meilleure défense contre les deepfakes audio.

Validation technique via les registres officiels : ARCEP et bases de données opérateurs

Pour aller au-delà des indices visuels et comportementaux, il est possible de s’appuyer sur des ressources officielles pour vérifier la légitimité d’un numéro de téléphone. En France, l’ARCEP gère le Plan National de Numérotation et définit les règles d’attribution des plages de numéros aux opérateurs. De leur côté, les opérateurs télécoms (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free, etc.) tiennent à jour leurs propres bases internes, qui leur permettent d’authentifier l’origine d’un appel, notamment dans le cadre des nouvelles obligations de lutte contre le spoofing. Même si vous n’avez pas accès directement à toutes ces données, vous pouvez en tirer parti via des outils publics ou en sollicitant l’assistance de votre opérateur.

En pratique, cela signifie que vous pouvez vérifier si une tranche de numéros est cohérente avec le type d’appel reçu (numéro d’entreprise, service client, numéro court, etc.) et si le comportement de l’appelant correspond à ce que l’on peut attendre de ce type de service. Vous recevez un appel « de votre banque » depuis un 09 ou un numéro non géographique inconnu ? Vous pouvez consulter le site de la banque : dans la grande majorité des cas, les numéros officiels sont listés dans les rubriques « Contact » ou « Nous appeler ». Si le numéro ne figure pas parmi eux, considérez qu’il est au minimum suspect.

Consultation du plan national de numérotation français et attribution des tranches E.164

Le Plan National de Numérotation (PNN) français, publié par l’ARCEP, détaille la structure des numéros en France et l’attribution des différentes tranches. On y trouve, par exemple, la distinction entre les numéros géographiques (01 à 05), les numéros mobiles (06, 07), les numéros non géographiques (09), les numéros spéciaux et surtaxés (08, 0899, 118, etc.). La norme internationale E.164 encadre quant à elle la manière de représenter les numéros au format international (+33 pour la France, suivi de 9 chiffres). Ces documents peuvent sembler très techniques, mais ils offrent une grille de lecture précieuse pour repérer un numéro de téléphone faux ou incohérent.

Vous n’avez pas besoin de devenir expert en numérotation : une simple consultation des tableaux de l’ARCEP permet déjà de vérifier si un préfixe est officiellement affecté à un type de service. Par exemple, si un numéro commence par une séquence qui n’est pas attribuée en France, ou qui est réservée à des services spéciaux, alors que l’appelant se présente comme un particulier, vous pouvez raisonnablement douter de son authenticité. De nombreux sites et applications s’appuient d’ailleurs sur ces mêmes données publiques pour nourrir leurs outils de recherche inversée et d’identification de spam téléphonique.

Vérification auprès des opérateurs télécoms orange, SFR, bouygues et free

Lorsque vous êtes confronté à des appels récurrents depuis un numéro suspect, ou que vous pensez être victime d’usurpation de votre propre numéro, votre opérateur télécom reste un interlocuteur clé. Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free et les opérateurs virtuels (MVNO) disposent de mécanismes internes de détection d’anomalies et peuvent, dans certains cas, analyser la signalisation des appels entrants ou sortants. Ils sont également soumis à des obligations réglementaires en matière de sécurité, notamment depuis le renforcement des mesures contre le spoofing téléphonique en 2026.

Concrètement, vous pouvez contacter le service client pour signaler un numéro de téléphone faux, demander le blocage d’une plage de numéros ou obtenir des conseils personnalisés selon votre profil (ligne professionnelle, usage international, etc.). Si de nombreuses plaintes remontent sur un même numéro, l’opérateur peut décider de le bloquer à l’échelle de son réseau ou d’en informer les autorités. En cas d’usurpation de votre propre numéro (des tiers utilisent votre numéro pour démarcher ou arnaquer d’autres personnes), alertez immédiatement votre opérateur : il pourra surveiller l’activité suspecte et, si nécessaire, vous proposer un changement de numéro et un accompagnement spécifique.

Utilisation des services STIR/SHAKEN pour l’authentification des appels VoLTE

Sur les réseaux de nouvelle génération (VoLTE, 4G, 5G), des standards comme STIR/SHAKEN sont progressivement déployés pour authentifier l’origine des appels. Ces protocoles fonctionnent un peu comme une signature numérique appliquée au numéro de téléphone : l’opérateur qui émet l’appel signe l’identifiant de l’appelant, et l’opérateur qui le reçoit peut vérifier cette signature avant d’afficher le numéro sur votre écran. Si la signature est absente ou invalide, l’appel peut être marqué comme suspect, voire traité comme « numéro masqué » selon la politique de l’opérateur.

En France, le déploiement complet de STIR/SHAKEN est en cours et s’inscrit dans la continuité des obligations imposées par l’ARCEP pour lutter contre l’usurpation de numéros. À terme, cela permettra de distinguer beaucoup plus clairement les appels réellement émis par des abonnés identifiés (y compris en itinérance) des appels frauduleux qui tentent d’imiter un numéro français. En tant qu’utilisateur, vous ne verrez peut-être pas le détail technique, mais vous bénéficierez d’indicateurs plus fiables sur l’authenticité de l’appel, par exemple via des mentions telles que « appel vérifié » ou « appel potentiellement frauduleux » affichées sur votre smartphone.

Mesures de protection proactives : blocage CNAM et liste rouge bloctel

Détecter un numéro de téléphone faux pendant un appel entrant est important, mais mettre en place des mesures proactives pour réduire le volume global d’appels indésirables l’est tout autant. Plusieurs dispositifs existent en France pour limiter le démarchage abusif et protéger vos coordonnées : la gestion du CNAM (Caller Name) chez certains opérateurs, l’inscription sur la liste d’opposition Bloctel, ou encore l’utilisation de listes noires et blanches personnelles sur votre smartphone. En combinant ces outils, vous réduisez considérablement la surface d’attaque dont disposent les escrocs.

Bloctel, le service officiel d’opposition au démarchage téléphonique, vous permet d’enregistrer gratuitement vos numéros de fixe et de mobile pour ne plus être contacté à des fins commerciales par des entreprises avec lesquelles vous n’avez pas de relation contractuelle en cours. L’inscription n’empêche pas toutes les sollicitations (par exemple celles liées à un contrat en cours), mais elle constitue une base légale solide pour signaler les abus. Si malgré tout vous continuez à recevoir des appels commerciaux répétés depuis les mêmes numéros, vous pouvez les signaler à la DGCCRF, voire initier des démarches auprès de la CNIL si vos droits en matière de données personnelles ne sont pas respectés.

Procédures de signalement aux autorités compétentes : 33700 et plateforme pharos

Lorsque vous êtes confronté à un numéro de téléphone clairement frauduleux – tentative de hameçonnage bancaire, ping call vers un numéro surtaxé, usurpation d’identité d’un service public – il est essentiel de ne pas rester isolé. En signalant ces numéros aux autorités compétentes, vous contribuez à alimenter les enquêtes, à faire bloquer les numéros malveillants et à protéger d’autres utilisateurs. Deux dispositifs principaux sont à votre disposition en France : le 33700, dédié à la lutte contre les spams vocaux et SMS, et la plateforme de signalement Pharos, gérée par la police nationale et la gendarmerie.

Le 33700 permet de signaler par SMS ou via un formulaire en ligne les messages et appels indésirables liés à des tentatives de fraude, de phishing ou de surtaxation abusive. Les informations recueillies sont ensuite transmises aux opérateurs et aux autorités, qui peuvent prendre des mesures de blocage ou de poursuite. La plateforme Pharos, quant à elle, est destinée au signalement des contenus et comportements illicites sur Internet, y compris certaines arnaques téléphoniques lorsque celles-ci sont liées à des escroqueries en ligne, à du chantage ou à des menaces. En cas de préjudice avéré (perte financière, vol de données), n’hésitez pas également à déposer plainte auprès des forces de l’ordre et à contacter votre banque pour sécuriser vos comptes.